
Surpression en bloc opératoire : pourquoi et comment ?
La surpression en bloc opératoire repose sur un principe simple :L’objectif est de favoriser un écoulement d’air des zones les plus propres vers les zones adjacentes présentant un niveau de maîtrise inférieur. Concrètement pour atteindre cet objectif, la salle d’opération doit être maintenue à une pression légèrement supérieure à celle des locaux adjacents. Cette différence de pression limite l’entrée d’air provenant des locaux adjacents, potentiellement plus chargé en particules ou micro-organismes.
L’enjeu est donc directement lié à la prévention des infections du site opératoire ou de la zone sensible. La maîtrise de l’environnement aéraulique constitue un élément important de la prévention du risque infectieux. Le mécanisme est simple, l’air transporte des particules qui sont potentiellement vectrices de bactéries. Il s’agit donc de limiter leur intrusion pour sécuriser le geste chirurgical.
Il faut aussi voir la surpression comme un élément d’équilibre global. Elle ne remplace ni la filtration ni le renouvellement d’air, mais elle vient renforcer leur efficacité. Sans ce différentiel de pression, même un air parfaitement filtré peut être perturbé par des apports non contrôlés.
Comment la surpression est-elle mise en œuvre ?
La surpression est généralement obtenue en maintenant un débit d’air insufflé supérieur au débit d’air extrait de la salle. Ce différentiel de débit génère un flux d’air sortant vers les locaux adjacents et contribue au maintien de la cascade de pression.
Tout repose donc sur le bon dimensionnement des débits. Une installation de traitement d’air efficace doit fournir un débit de soufflage suffisant, tout en maintenant une extraction légèrement inférieure. Ce réglage est délicat car trop de surpression peut perturber les portes ou le confort et trop peu la rend inefficace.
La stabilité du système dépend aussi de facteurs souvent sous-estimés. Par exemple, une porte mal ajustée, un passage technique non étanche ou des ouvertures fréquentes peuvent dégrader ce différentiel de pression. C’est pourquoi les blocs opératoires intègrent souvent des sas, qui jouent un rôle de zone tampon.
La pression différentielle peut être surveillée en continu à l’aide de capteurs dédiés. Les informations transmises au système de régulation permettent de contrôler le maintien de la cascade de pression et, selon la conception de l’installation, d’ajuster les débits d’air ou de générer une alarme en cas d’écart.
Quelles références et quelles exigences ?
En France, la NF S 90-351 constitue une référence majeure pour la maîtrise de la contamination aéroportée dans les établissements de santé. D’autres référentiels peuvent également intervenir selon les caractéristiques de l’installation : l’ISO 14644-1 pour la classification de la propreté particulaire de l’air ou encore l’EN 1886 pour les performances mécaniques des centrales de traitement d’air.
Au-delà des textes, la performance repose surtout sur la cohérence d’ensemble. Une surpression bien réglée mais mal exploitée perd rapidement son intérêt. À l’inverse, une conception intégrant les usages réels circulation du personnel, fréquence d’ouverture des portes, maintenance, permet de stabiliser durablement les conditions.